Menthonnex-en-Bornes

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Vie municipale

Entretien avec Guy DEMOLIS, Le Maire de Menthonnex-en-Bornes

Originaire de la commune, engagé très tôt dans la vie associative, élu au Conseil Municipal en 1983 puis maire depuis 1989, Guy Démolis siège aussi à la Communauté de Communes du Pays de Cruseilles dont il a été vice-président, au conseil d’administration du Syane et à l’association des maires de Haute-Savoie.

Quels enseignements tirez-­vous de l’année 2015 ?

C’est une année qui aura été très chaude, non seulement en terme de températures mais aussi du fait des événements tragiques qui ont ensanglanté notre pays et meurtri de nombreuses familles et par la mise en exergue lors du sommet pour le climat de la difficulté de centaines de milliers de gens à vivre dans ce monde si ce n’est dans la plus grande pauvreté, générant un afflux de réfugiés fuyant la guerre et la misère.

Ces événements dramatiques, ces constats douloureux doivent nous faire réaliser à quel point nous sommes dans un environnement privilégié et qu’il est important de le protéger.

Je me permets de rappeler mon attachement à certains des fondements de notre république que sont la laïcité et le respect des règles du vivre ensemble, en souhaitant que chacun d’entre nous adopte une attitude civique et altruiste.

Concernant notre commune, nous avons pu malgré une conjoncture économique difficile, y compris pour les collectivités locales, poursuivre le développement de nos infrastructures, de notre qualité de vie, avec :

  • Le recalibrage de la route de La Roche et l’aménagement de la traversée de la Cote Péguin ainsi que le regoudronnage des hameaux de Chez Péguin, Chez Sac de Vin, Tracafond et La Reculaz ;
  • Le renouvellement du réseau d’eau potable des Petits-Pierres à la Reculaz avec la reprise de la plupart des branchements ;
  • La construction d’une cantine scolaire et la sécurisation des bâtiments communaux et de leurs abords ;
  • La construction du Coteau de Menthonay, un collectif de 14 logements à loyer modéré, sur la place du village ;
  • La sécurisation du hangar communal et l’aménagement de l’aire de stockage pour le sel ;
  • La mise en souterrain des conteneurs à ordures ménagères et de tri sélectif sur l’ensemble de la commune ;
  • L’entretien de la voirie communale, des chemins ruraux ainsi que des réseaux d’eau pluviale.

Qu’est-ce que ça représente en termes de chiffres ?

Ce sont plus de 3 800 000 € qui auront été investis en 2015 sur le territoire communal…

  • 18 447 par le Syane
  • 505 647 par la CCPC
  • 518 385 par la Commune
  • 1 206 000 par le Département
  • 1 553 565 par la Sa Mont-Blanc

Comment expliquez-vous ce dynamisme ?

Grâce à une politique budgétaire rigoureuse, qui privilégie l’investissement tout en contenant la fiscalité et le recours à l’emprunt, mais aussi par une étroite collaboration avec nos partenaires de l’intercommunalité, du Département, de l’Etat, du Syndicat des Energies et des bailleurs sociaux, avec lesquels nous entretenons des relations privilégiées qui nous ont permis de les convaincre d’investir dans notre village.

Il faut également reconnaître que nous avons le privilège d’être dans une région dynamique à proximité de la Suisse qui nous reverse chaque année un montant conséquent au titre de la compensation financière genevoise (environ 1 000 Euros par frontalier) pour nous aider à financer nos équipements publics. Vous comprendrez combien il est important que toutes les personnes qui travaillent sur Genève, qu’elles soient françaises, suisses ou ressortissantes de l’Union Européenne, pensent à se faire recenser en mairie. J’insiste particulièrement auprès des nouveaux résidents qu’ils soient propriétaires ou locataires.

Quels sont les projets pour les années à venir ?

Dans une commune comme la nôtre, constituée d’une quinzaine de hameaux et une voirie assez dense, il faut sans cesse entretenir les réseaux, les moderniser et les recalibrer.

  • Nous allons continuer avec le Syane à enfouir les réseaux secs, notamment grâce à un partenariat avec ERDF sur les lignes moyenne-tension.
  • Nous espérons convaincre l’opérateur Orange de moderniser son réseau de téléphonie fixe, de renforcer son réseau ADSL et surtout d’améliorer sa couverture de téléphonie mobile.
  • Nous sollicitons la CCPC afin qu’elle termine le raccordement de l’ensemble des usagers du Chef-Lieu à l’assainissement collectif.
  • Nous essayerons de convaincre le Département afin qu’il procède au recalibrage de la voirie départementale entre La Côte et La Rippaz (la RD3), une voirie vétuste qui n’est plus adaptée au trafic actuel.

Comment prévoyez-vous de les mener à bien ?

En continuant de mener une politique budgétaire rigoureuse qui privilégie l’investissement et en défendant au mieux les intérêts de notre village auprès des différentes structures.

Mais aussi en m’appuyant sur une équipe municipale ou chacun peut s’engager dans son domaine de compétence avec notamment la présence de quatre adjoints qui assument pleinement leurs délégations.

Egalement grâce à un personnel communal et associatif qui partage nos valeurs et qui travaille dans le sens de l’intérêt général.

Enfin de par mon engagement au quotidien, ma ténacité, je vais continuer à convaincre les décideurs du bien fondé de nos projets.

Quelles nouveautés dans le domaine de l’urbanisme ?

Les services de l’Etat nous pressent à obliger les usagers situés en zone d’assainissement autonome à mettre en conformité avec la loi sur l’eau leurs dispositifs d’assainissement. Nous allons devoir faire réaliser par le cabinet Nicot, un contrôle général.

Mais le plus gros chantier sera de mettre en oeuvre la révision du Plan d’Occupation des Sols (POS) pour le transformer en Plan Local d’Urbanisme (PLU). En effet, nous avons l’obligation d’adapter notre document d’urbanisme aux évolutions récentes tant sur le plan législatif que dans les domaines de l’urbanisme, de l’environnement ou de l’organisation territoriale de notre bassin de vie ; c’est-à-dire de nous mettre en conformité avec les orientations du Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT), avec les lois SRU et ALUR, ainsi qu’aux grenelles de l’environnement.

Bref, c’est-à-dire mettre fin à l’extension de nos hameaux et densifier le tissu urbain existant.

C’est un défi important pour les mois qui viennent, rythmés par des périodes d’études, des phases de consultations et de nombreuses réunions.

Cette démarche nécessite de faire appel à un cabinet d’urbaniste spécialisé et de consacrer les moyens budgétaires en conséquence.

Avec les autres communes de l’intercommunalité, nous avons procédé à un appel d’offres en commun et décidé de retenir le cabinet annécien « Agence des Territoires » piloté par M. Ange Sartori.

Avec les réformes territoriales, comment voyez-vous l’avenir de la commune ?

Avec les réformes territoriales qui s’opèrent, on peut avoir des inquiétudes quant à l’avenir de nos communes, surtout quand on entend le discours d’économistes et d’élus de tous bords, relayé en cœur par un certain nombre de médias.

Comment faire comprendre que la multiplicité de nos communes n’est pas un handicap mais une richesse ? C’est une spécificité française certes, mais qui contribue à donner à notre pays son visage et son caractère particulier. Nos villages dont le paysage a été façonné par l’homme forment une communauté originale et complexe dont les liens se sont tissés au fil des siècles, de génération en génération.

Je suis de ceux qui pensent que le sentiment d’appartenance à une commune, si petite soit-elle, génère une somme incalculable d’énergies et de bonnes volontés. On appartient à une commune mais, elle nous appartient un peu aussi…

La réduction du nombre de communes permettrait, entend-on, de faire des économies ?

C’est une plaisanterie ! Les besoins resteront les mêmes et quand on connait les indemnités de la grande majorité des élus locaux et des tâches innombrables qu’ils accomplissent, qui peut croire que leur remplacement par des fonctionnaires sera générateur d’économie !

Certes, il faut adapter notre organisation territoriale aux exigences de notre époque mais il me semble que les communautés de communes ont été conçues dans ce sens. En ce qui nous concerne, nous avons la chance d’avoir un établissement public intercommunal qui compte-tenu de son antériorité, de la volonté de ses pionniers et de ses élus, joue parfaitement ce rôle de subsidiarité.

A mon avis la commune doit rester l’échelle de proximité, cet élément de stabilité dont notre pays a besoin pour garder sa place et son image attractive dans un monde de plus en plus déboussolé.

Prenons garde à cette technocratisation rampante qui, sous couvert de politique d’aménagement du territoire et de pseudos économies, risque de s’imposer. Je suis persuadé que nous avons tous plus à perdre qu’à gagner.

Encore faut-il qu’à notre niveau, nous sachions avoir une vie de village, et ne pas sombrer dans le résidentiel dortoir car c’est à coup sûr le début de la fin de notre identité.

C’est la raison pour laquelle nos municipalités successives n’ont pas hésité à s’engager dans le soutien et la création de commerces de proximité.

Mais, il me semble important que chacun d’entre nous prenne part à la vie économique et sociale de notre village afin que Menthonnex demeure un centre de vie harmonieux pour les anciens comme pour les jeunes, pour les nouveaux résidents comme pour les vieilles familles de Menthnalis.

Aussi, je félicite toutes celles et ceux qui s’engagent dans la vie associative locale, générant ainsi une dynamique de collectivité solidaire et conviviale.

En conclusion

La physionomie de notre village évolue, nous sommes aujourd’hui plus d’un millier d’habitants avec une population jeune et des infrastructures publiques modernes notamment dans le domaine scolaire.

Je forme le voeu que chacun d’entre nous quelle que soit sa situation, puisse s’épanouir librement à Menthonnex, mais dans l’attention et le respect dûs aux autres ; comportement indispensable à toute vie collective apaisée et sereine.